Ecrit par un inspecteur expert en bâtiment, vous trouverez dans ce blog plusieurs problèmes souvent retrouvés dans nos maisons. Vous y lirez les causes probables et l'auteur y propose des solutions. Si vous êtes propriétaire ou si vous désirer acheter votre nouvelle maison, vous trouverez dans ce blog une mine d'informations utiles qui pourraient vous sauver beaucoup d'argent et de maux de têtes en réparations imprévues.
Les toits retroussés, très mauvais concept architectural.
Les bardeaux d'asphaltes installés aux parties inférieures de ces toits s'endommagerons prématurément dû aux accumulations de neige, glace et eau. L'eau fini par s'infiltrer sous le revêtement et il n'est pas rare de remarquer des traces d'infiltration dans le grenier, comme des bouts de ferme-de-toit affectées par la pourriture et/ou comme c'est le cas sur la photo, un fascia complêtement pourri par endroits. Une attention particulière doit être prise lors du recouvrement de ce type de couverture,
Les écoles d'inspecteurs nuisent à l'industrie pendant que les assureurs rient dans leurs barbes
Je ne parle pas ici d’un point de vue académique. Je suis un fervent de l’éducation et il est important que la personne travaillant comme inspecteur en bâtiment ait un minimum de formation reconnue. Mais, comme dans toutes bonnes choses, trop c’est comme pas assez et la quantité d’écoles offrant le cours d’inspecteur vient nuire à l’industrie plutôt que de l’aider.
Le nombre d’acheteurs floués des dernières années a créé un engouement pour un encadrement professionnel du métier d’inspecteur afin de soi-disant, protéger le consommateur. Les centres de formation y ont vu une manne importante sous forme de subventions gouvernementales et la création de programmes et cours pour devenir inspecteur s'est multipliée. Les centres d’emplois et les services d’orientation professionnelle y ont aussi vu une opportunité et dirigent les prestataires et ceux en mal de changement de carrière vers ces écoles et en remplissent les classes.
La majorité des courtiers immobiliers payés à commission favoriseront les nouveaux inspecteurs sans expérience afin de maximiser les chances de conclure une transaction. L’acheteur lésé se plaindra à qui veut l’entendre et l’inspecteur sera pointé du doigt pendant que le courtier s’en lave les mains. Les journaux et les émissions à caméras cachées s’en donnent à cœur joie et le cercle vicieux d’un besoin d’encadrement est alimenté.
De l’autre côté, les compagnies d’assurances offrant l’erreur et omission font des affaires en or en assurant tous ces nouveaux inspecteurs. Cependant, à l’opposé d’un commerce de détail, l’augmentation du nombre de client ne fait pas diminuer les prix pour autant. L’arrivée importante de ces nouveaux assurés augmente exponentiellement l’exposition aux risques des assureurs et a pour conséquence des augmentions importantes des primes pour tous.
Les formations données par ces écoles ne sont que le minimum. Le nombre grandissant de centres offrant la formation fait que des centaines de nouveaux inspecteurs graduent chaque année et la venue dans le marché de ces nouveaux gradués vient diluer la qualité des services offerts. Comme un médecin de famille ou un garagiste, un bon inspecteur est difficile à trouver et l’industrie immobilière en général s’en trouve affectée.
Nous sommes de loin la personne la plus importante dans une transaction immobilière mais nous sommes aussi celle qui en recevra les torts si quelque chose tourne mal pour l’acheteur. Un encadrement est nécessaire et doit commencer avec les formations. Ceci étant dit, l’acheteur d’une nouvelle maison passera plus de temps à magasiner un nouveau réfrigérateur qu’il en passera à vérifier les qualifications de l’inspecteur. Si l’industrie veut vraiment protéger le consommateur, c’est l’acheteur qui devrait être éduqué parce qu’après tout, c’est lui qui choisit son inspecteur.
La physique de la ventilation des vides sous toit
La physique de la ventilation
des vides sous toit
Cela faisait longtemps que je
voulais parler de la ventilation. Je ne voulais pas être redondant comme la
plupart des articles que l’on peut lire un peu partout sur le sujet. J’ai alors
décidé de pousser l’idée un peu plus loin et d’écrire quelque chose de nouveau
qui viendra je l’espère, éclaircir ce phénomène.
Nous connaissons tous
l’importance de la ventilation dans nos toits de maison. Que vous ayez un
plafond cathédrale, plat avec grenier ouvert ou que vous ayez un demi-étage
avec une partie du plafond en pente, le principe demeure le même. Le but de la
ventilation sera d’éliminer l’humidité et prévenir l’accumulation de moisissure
qui pourrait éventuellement faire dégrader prématurément des composants de toit
et du revêtement.
Pour en apprécier l’importance,
nous devons explorer un peu les principes d’hygrométrie ou,
les rapports entre l’humidité, l’air et la température ainsi que le rôle dont
vient y jouer la ventilation. Pour se faire, il est bon de comprendre ce qu’est
l’humidité relative, le point de rosée ou ligne de rosée, la pression de vapeur
d’eau, l’évaporation et l’effet de cheminée.
L’humidité
relative est le rapport d’eau contenu dans un volume
d’air donné à une température donnée. L’air contient de l’eau sous
forme de vapeur. Lorsque la température de l’air augmente, celui-ci prend de
l’expansion mais la quantité de vapeur d’eau qu’il contient ne change pas.
Alors on dira que le taux d’humidité a diminué. Quand la température de l’air
diminue, son volume diminue aussi mais l’eau qu’il contient ne change pas. Il
sera alors dit que le taux d’humidité relative a augmenté.
Lorsqu’il arrive un apport
d’humidité important ou quand la température froide fait diminuer le volume
d’air et que celui-ci ne peut plus contenir de vapeur d’eau, on dit alors que
l’air est saturé. Les vapeurs d’eau se transforment alors en liquide quand
elles entrent en contact avec une surface froide comme nous pouvons souvent le
voir sur les fenêtres. La température à laquelle la vapeur se liquéfie est ce
qu’on appelle le point de rosée .
Les matériaux isolants que l’on retrouve
dans nos murs et plafonds forment une barrière thermique qui sépare le chaud et
le froid. Lorsque ces deux extrêmes se rencontrent, il se forme la ligne de rosée (comme
expliquée ci-dessus). Dépendamment de la différence de température et du taux
d’humidité, la ligne de rosée sera située plus ou moins profonde dans la
barrière thermique. Cette présence d’eau provient de la vapeur contenue
dans l’air emprisonnée dans l’isolant et qui s’est condensée.
La pression de vapeur d’eau
ou pression
partielle quant à elle, est la vapeur d'un corps présent
également sous forme liquide ou solide. Lorsque le système est à
l'équilibre (les proportions relatives de gaz et liquide ou solide ne
varient pas), la pression de vapeur est alors dite, saturante. Si la pression
partielle de la vapeur dépasse la pression de vapeur saturante, il y a
liquéfaction ou condensation. Si par contre, la pression de vapeur
est inférieure à la pression de vapeur saturante, une portion de liquide
ou de solide passe sous forme gazeuse (vapeur) ª.
L’air contenu dans l’isolant étant
maintenant saturé d’eau, la pression de vapeur y est donc supérieure à la
pression de vapeur retrouvée dans l’air du grenier. Étant donné que cette pression
tant à vouloir s’équilibrer, l’humidité contenue dans l’isolant sera attiré
vers sa surface, là où la pression y est moidre.
Maintenant, qu’est-ce que tout
ça a à voir avec la ventilation des vides sous toits? Une fois que l’humidité
contenue dans l’isolant a rejoint la surface, celle-ci en est absorbée dans
l’air plus sec du grenier, c’est l’évaporation . La ventilation entre
maintenant en jeu. Le mouvement de l’air contre l’isolant vient accélérer le
processus d’évaporation de l’eau. Plus il y a de ventilation, plus l’humidité
est évaporée rapidement de la surface de l’isolant et plus la vapeur d’eau y
est attirée.
L’air chaud moins dense que l’air froid se
déplace verticalement vers le haut dans le grenier en suivant le pontage le
long des fermes de toit ou entre les baies des plafonds cathédrales formées par
les solives. C’est le principe de convection. Lorsqu’il y a présence de
vent, une zone de basse pression au niveau du toit se crée. L’air dans le
grenier en est alors aspiré vers l’extérieur. L’air situé au niveau du
débord de toit est par la suite aspiré à son tour dans le grenier par les
évents de soffites. C’est ce qu’on appelle l’effet
de cheminée.
Une fois dans l’air, l’humidité
s’en trouve maintenant exfiltrée hors tu grenier par le ventilateur de toit,
entrainée par le mouvement de l’air. Voilà, c’était l’hygrométrie de la
ventilation.
Texte et diagrammes par Stephen
Lagueux, tous droits réservés.
ª Wikipédia
Effets adverses de la rénovation
Étant propriétaire, il vient
toujours un temps où l’on veut rajeunir l’état de la maison. Que ce soit un
nouveau revêtement de plancher, de nouvelles fenêtres, nouvelles armoires et
luminaires, un petit rafraîchissement viendra rehausser la qualité de vie des
occupants. Purement esthétique comme une nouvelle peinture ou par nécessité par
l’ajout d’une chambre d’enfant, certaines transformations demanderont parfois
une réflexion approfondie si l’on ne veut pas se retrouver avec des effets
secondaires indésirables.
Il ne va pas sans dire que pour
qu’une maison dégage son plein potentiel de rendement et de confort, tous les
systèmes et composants doivent fonctionner à l’unisson. Si l’un de ses composants est modifié ou altéré de quelque
façon que ce soit, le rendement s’en trouvera affecté.
Les fermes
de toit dont la membrure inférieure est bien sèche dans l’isolant et réchauffées
par le système radiant du plafond, s’en trouvent soulevées par l’allongement
des parties supérieures lorsque celles-ci s’allongent en hiver lors de présence
d’humidité ce qui cause l’apparition de fissures. L’installation des fenêtres
et du nouveau système de chauffage ont eu pour effet adverse une augmentation
du taux d’humidité et un soulèvement des fermes de toit.
| Présence de condensation sur les fenêtres indiquant une saturation en eau de l'air. |
Lors d’une récente inspection d’une
maison bâtie en 1992, j’y ai remarqué un taux d’humidité très élevé et le
propriétaire se questionnait sur l’apparition de fissures dans le haut des murs
qu’il n’avait jamais remarqué avant. Je dois mentionner ici l’absence de système
de ventilation générale. En parlant avec le propriétaire, j’ai appris que des
rénovations avaient eu lieu il y a environ 18 mois. Toutes les fenêtres ont été
remplacées et un nouveau système de chauffage radiant fut installé au plafond
de la salle de bain.
Une fois de retour au bureau et
après analyse des informations prises lors de l’inspection, j’en suis venu à la
conclusion que ces récentes rénovations ont affectés plusieurs autres systèmes
et composants de la maison et en affectent le rendement, je m’explique;
Comme mentionné ci-haut, le propriétaire me mentionna l’apparition de
fissures peu de temps après l’installation des nouvelles fenêtres. Ces fissures
situées à la jonction des murs et plafonds furent principalement retrouvées aux
alentours de la salle de bain. Les
nouvelles fenêtres fermant hermétiquement, empêchent toute infiltration d’air
contrairement aux anciennes installations qui n’étaient peut-être pas
tout-à-fait étanches contribuant ainsi à une ventilation naturelle.
| Présence d'humidité autour de l'accès causée par une exfiltration d'air humide. |
L’absence de système de ventilation
vient contribuer à une accumulation d’humidité importante dans la maison. Durant la visite de l’entre-toit, j’y ai découvert des signes d’humidité sur le
bois et des traces d’écoulement de condensation sur les matériaux
isolants. Le vide sous toit étant aussi affecté
par une piètre ventilation, l’effet de cheminée du grenier se trouve à aspirer
l’air chaud et humide de la maison qui à son tour se condense et forme de l’humidité.
![]() |
| Vue du chauffage radiant du plafond à l'aide de la caméra thermique. |
Selon tous les indices observés,
j’en ai conclu que les fissures retrouvées dans le haut des murs sont le
résultat d’un soulèvement des fermes de toit causé par l’installation des
nouvelles fenêtres. Pourquoi? Voici le raisonnement; Les nouvelles fenêtres hermétiques empêchent
toute infiltration d’air. Combinée à une absence d’échangeur d’air, cette
situation cause une augmentation importante du taux d’humidité. La ventilation
inadéquate du vide sous toit cause une exfiltration de l’air chaud et humide de
la maison dans le vide sous toit par une trappe d’accès mal scellée.
Vous voyez pourquoi que la
transformation d’un composant peut avoir des effets négatifs sur d’autres
systèmes et en affecter le rendement de la maison. Dans cette situation-ci, outre
les rénovations énumérées, d’autres travaux sont de mises pour corriger les
effets secondaires directement causés par les nouvelles fenêtres. Alors si vous
prévoyez des travaux de rénovation, assurez-vous de faire affaire avec des
personnes qualifiées et de vous faire expliquer les effets que vos
transformations peuvent causer sur les autres composants et systèmes. Comme l’a si bien dit Red Adair; “Si vous croyez qu’il en coûte cher d’engager
un expert, attendez de voir ce qu’il vous en coûtera d’engager un amateur”.
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