Le radon, ce gaz insidieux

Il n’est pas nécessaire de courir, nul n’y est à l’abri. Incolore et inodore, le radon est un gaz radioactif qui provient de la désintégration naturelle de l’uranium dans le sol. Le radon est plutôt inoffensif lorsque libéré dans l’atmosphère étant donné sa faible concentration dans l’air, mais peut devenir dangereux si il s’infiltre et s’accumule dans des endroits fermés comme les sous-sols de maisons dont la concentration peut être élevées.

C’est au milieu des années 70 que ce gaz a été découvert. Il fut remarqué que certaines résidences avoisinantes des centres d’extraction et de traitement de l’uranium présentaient des teneurs élevées en radon. Santé Canada effectua alors des relevés dans 14000 maisons de 18 villes du pays. Les résultats révélèrent que la plupart des maisons contenaient une faible quantité de radon et que certaines affichaient même un taux élevé du gaz. Il n’est pas nécessaire de demeurer près d’un centre de transformation de l’uranium pour que votre maison en soit affectée, étant de source naturelle, se gaz peut se retrouver n’inporte où et s’infiltrera pratiquement partout.

Une fois hors de terre, le radon se décompose en fines particules radioactives appelées ¨descendants¨ qui viennent contaminer l’air que nous respirons. Arrivés dans les poumons, le radon et les descendants continuent à se décomposer et émettent des ¨particules alpha¨ qui produisent des jets d’énergie. Ce sont ces petits jets qui une fois absorbés par les poumons, endommagent et/ou détruisent les cellules pulmonaires environnantes. Une fois endommagées, ces cellules peuvent entraîner un cancer lorsqu’elles se reproduisent. Selon une estimation de l’Institut National du Cancer du Canada (INCC), 19300 personnes sont décédées des suites d’un cancer du poumon en 2006 et de ce nombre, 10% serait attribuable à une exposition au radon. Cependant, ce n’est pas tous ceux qui sont exposés au radon qui vont développer un cancer et les risques dépendront toujours de la durée d’exposition au gaz et de sa concentration dans l’air.

Plusieurs facteurs viendront influencer la teneur en radon de votre maison. Même voisines et de construction semblable, la quantité de gaz retrouvée peut varier énormément d’une maison à l’autre. Le radon circulera plus facilement dans certains types de sol que d’autres et d’où la quantité d’uranium sera plus élevée. La typologie de votre demeure et la façon dont elle fut construite influencera l’infiltration comme l’aire de surface en contact direct avec le sol et la quantité des points d’entrées comme les éléments de plomberie. L’état de votre fondation, la quantité et la grosseur des fissures retrouvées dans la dalle et dans les murs de béton accélérera la concentration de la teneur en radon. La ventilation de la maison fait en sorte que la pression y sera négative et aspirera le radon à l’intérieur par toutes les petites fentes et fissures du sous-sol. Les conditions météorologiques comme la température, le vent, les précipitations et la pression barométrique viendront influencer les infiltrations de radon et enfin, la nappe phréatique et l’eau du puits artésien peut contenir du radon qui sera libéré dans l’air lorsqu’agitée comme dans la douche par exemple. Par contre, les études sur le sujet n’ont démontrée aucun résultats significatifs sur la santé lorsque l’eau contenant du radon est ingérée.


Que faire pour savoir si l’air de votre maison contient du radon? Il existe plusieurs méthode pour détecter et mesurer la teneur en radon.  La plus simple étant le détecteur à charbon actif, ce petit contenant rempli de charbon et recouvert d’un tamis et d’un filtre sera exposé à l’air pendant quelques jours et ensuite devra être scellé et envoyé en laboratoire pour analyse. Les détecteurs alpha, celui de type passif ressemblera beaucoup au détecteur à charbon mais devra être laissé en place pendant des mois voir même jusqu’à une année. Le détecteur alpha de type actif est muni d’une pompe à air électrique qui viendra recueillir des mesures plus précises. Il est habituellement utilisé sur une période qui peut varier d’une semaine à deux mois. Les chambres d’ionisation avec électret consistent d’une cartouche de plastique renfermant un disque (électret) doté d’une charge électrostatique. C’est le changement de la charge de l’électret qui, lorsqu’exposé à l’air viendra  déterminer la teneur en radon. Vous pouvez aussi avoir recours à un spécialiste qui viendra chez-vous prendre les mesures.  Il peut s’avérer difficile de trouver les bons détecteurs ou un centre de service mais la plupart des grands magasins de matériaux de construction devraient avoir des appareils de type passif. Pour en connaître le résultat, tous les tests doivent être envoyés en laboratoire pour analyse et le procédé peut prendre des mois, alors il faut s’armer de patience.

Maintenant, étant donné que l’on ne peux pas éliminer le radon, comment faire pour en minimiser les infiltrations? Tout d’abord, si vous construisez une maison neuve, vous pouvez faire tester le sol de votre terrain avant de bâtir pour en connaître sa concentration. Assurez-vous d’avoir le bon béton pour votre fondation, un minimum de 20 Mpa (3000 psi) est requis et assurez-vous aussi d’avoir l’armature adéquate à votre fondation pour en minimiser les risques de fractures, plusieurs constructeurs ont tendance à tourner les coins rond à cette étape de la construction. Un pare-vapeur adéquat sous la dalle ou sur le sol d’un vide sanitaire est requis. Ensuite, assurez-vous d’ajouter un mastic de polyuréthane à tous les joints de retraits,  aux jonctions entre les murs de fondation et les planchers de bétons et dans les fissures. Scellez adéquatement le périmètre de toutes les pénétrations dans les murs et planchers comme les câbles électriques, tuyaux de plomberie, gaz naturel etc. Un ventilateur récupérateur de chaleur aidera à baisser le taux de radon et à le garder bas et si vous le pouvez, l’installation d’un système de dépressurisation active du sol viendra maintenir la valeur annuelle moyenne acceptable du radon dans l’air. Ce système consiste à connecter un conduit d’évacuation au tuyaux de drainage sous la maison et raccordé à un ventilateur extérieur fonctionnant en continu pour aspirer le radon dehors.

J’espère ne pas avoir alarmé personne, le radon était là bien avant nous et est là pour rester, la prévention restera toujours le meilleur moyen de défense. Ceci étant dit, l’information contenue dans cette chronique provient du guide ¨Le radon, guide à l’usage des propriétaires canadiens¨ dont vous pouvez vous procurer gratuitement sur le site de la Société canadienne d’hypothèques et de logements et vous pouvez aussi les rejoindre au numéros, 418-649-8080 ou 1-888-772-0772   
http://www.cmhc-schl.gc.ca/

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